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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Restitution de la création sonore des lycées à Rennes, dans l’Alignement du XXIe siècle d’Aurelie Nemours
Montauban-de-Bretagne - 2010 : par Krystel Lavaur, médiateur, chargée des publics, service éducatif, Frac Bretagne, 22 mai 2011, 0h25


Samedi 14 mai, Midi solaire
Le soleil, le ciel bleu, la brise, les petits fours, tout est rassemblé pour créer une atmosphère conviviale. Pourtant les lycées regroupés, solidaires, semblent anxieux. Ils se retrouvent face à l’œuvre d’Aurelie Nemours qu’ils ont découverte il y a quelques mois dans le froid et la bruine hivernale. Aujourd’hui, un soleil radieux projette sur le sol verdoyant les longues ombres des colonnes. Ils savent que chaque jour, pendant un cours instant, au midi solaire, les colonnes sont alignées avec leur ombre. C’est cet instant précis qui a été choisi pour leur restitution sonore. Pendant les deux prochaines heures, les ombres accompagneront le parcours des visiteurs modifiant minute après minute leur perception de l’œuvre.

Les parents, amis, enseignants, mais aussi des promeneurs se rassemblent. Muni d’un lecteur MP3, chacun s’enfonce entre les piliers de granit pour écouter la création sonore des élèves. Certains déambulent, d’autres s’appuient aux colonnes pendant que d’autres encore, immobiles, regardent le sol ou le ciel. Ils écoutent les voix de ceux qui, quelques minutes auparavant, redoutaient leurs jugements. A travers le casque, le public prend tout d’abord connaissance de la démarche des élèves, ponctuée de la voix singulière de l’artiste, pour ensuite découvrir leur composition.

Les élèves observent de loin les participants dans l’attente de leurs réactions. Ces derniers manifestent de la surprise, de l’intérêt devant la compréhension de ces jeunes du travail d’Aurelie Nemours. Les visages se détendent, les sourires apparaissent, la parole se délie.

A partir de rien, créer quelque chose qui est debout, en somme c’est ça l’art, et ce qui est debout, c’est l’œuvre nous dit Aurelie Nemours. Aujourd’hui, ce sont ces élèves qui sont debout, fiers, bien conscients d’avoir saisi une démarche artistique singulière. Ils nous ont remerciés, enseignant, intervenants d’avoir guidé leurs pas. Je crois qu’ils se souviendront de cette rencontre entre deux univers que tout semblait opposer. Grâce à Mikel Iraola, les sons de leur quotidien ont pris un autre sens, sont devenus composition au gré de leur cheminement dans le travail de cette artiste. Avec leur création sonore, ces lycéens ont su rendre un hommage respectueux à cette artiste.

Qu’ils en soient tous ici félicités.

Krystel Lavaur

Un article sur la restitution : http://alter1fo.com/les-lyceens-de-…

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visite a beaubourg
Montauban-de-Bretagne - 2010 : par serge garin, médiateur, lycée, 13 mai 2011, 1h46

Walker, Walker, Walker, Walker, Walker, Walker, Walker, Walker, Walker, Walker,

A chaque fois que je me rapproche de Beaubourg, un mélange d’imprégnation et d’attirance s’amplifie à la vue de ce bâtiment réalisé par Renzo Piano et Richard Roger. Bâtiment édifié après un concours international dirigé par Jean Prouvé en 1971. Me voici une nouvelle fois devant celui-ci, multicolore par le parti pris de l’affichage de ses différentes fonctions. A peine ai-je fait un pas en direction de cette place publique dédiée aux spectacles de rues, comme pouvait remplir le rôle d’un amphithéâtre, que je ressens cette énergie évanescente bien réelle et si présente par l’écho des sons et que je commence à percevoir au fur et à mesure que je me dirige vers le hall d’entrée. Aujourd’hui je suis accompagné d’élèves qui, pour la plupart, rencontre ce lieu pour la première fois. Cette avalanche de sensations me ramènent à une citation de Renzo Piano sur la ville et les sensations qu’elle procure : « La ville est une invention magnifique ; c’est une des plus belles et des plus complexes inventions de l’homme, aussi vieille que les civilisations. La ville est une manière d’être, un état d’esprit, une atmosphère mentale, une sensation. La ville est une sensation. » Oui, la ville est une émotion et Beaubourg en est son cœur. Il bat pour tous et toutes ; il bat au rythme des ruptures, mais aussi des rencontres ; il bat au rythme des émotions à vivre, des battements de cœur qui s’accélèrent pour ressentir des sensations inoubliables devant les créations d’artistes. Des créations qui ne vivent que par le prisme du regard de ceux qui les admirent et de ceux qui ne vivent que pour les créer. Mon cœur bat à l’unisson de celui de Beaubourg et au rythme des rencontres de démarches personnelles, artistiques, mais aussi des souvenirs de rencontres que je ne ferais plus. Je me retrouve au cœur du bâtiment avec les élèves, un choc spontané avec une ville dans la ville, qui se construit et se déconstruit au rythme des évènements artistiques. Aujourd’hui Beaubourg accueille cette restitution sonore que les élèves ont produit pendant une grande partie de l’année scolaire, avec le soutien du musicien Mikel Alberola et l’historienne d’art Chrystel Lavaur. Les élèves ont alors un deuxième choc aussi rapide que le premier. Ils sont les spectateurs privilégiés de l’exposition François Morellet au sixième étage du bâtiment. L’escalator extérieur qui mène à l’exposition n’a jamais été autant porteur de sens. Plus les élèves se rapprochent du sixième étage et plus ils perçoivent les fonctions vitales du bâtiment. Plus ils se dirigent vers l’exposition et plus Paris se dévoile à leurs regards comme une œuvre In Situ se renouvelant sans cesse où la vie est la thématique de tous les instants. J’observais cette rencontre de ce lieu avec les élèves et une phrase d’un entretien entre Renzo Piano et Renzo Gazzigou me revient à l’esprit : « Que l’on soit poète, peintre, architecte, ou savant, l’essentiel n’est de jamais trahir son métier. » François Morellet n’a jamais trahit son métier et sa vocation d’artiste malgré les différentes étapes que peut comporter une vie d’artiste qui peut parfois se révéler tumultueuse avec des moments de doute. Il a toujours conforté sa démarche d’artiste et de créateur de sens, dans une production orientée vers le minimalisme, qui ne laisse aucun écart dans la représentation des formes. Le sens de l’œuvre est ici suggéré, évoqué, imaginé, anticipé, calculé mais il n’y a jamais de démonstration secrète de la vie de l’artiste. Ici le sens est évoqué par la luminescence immatérielle de la lumière, évanescence de l’œuvre et de la démarche de l’artiste. Les élèves ont naturellement adopté l’attitude que cette exposition et ce lieu demande : une observation silencieuse et un regard d’interrogation sur la démarche de l’œuvre sans jamais remettre en cause le statut de l’artiste et de son œuvre. Après un moment de rencontre informelle entre les élèves des quatre projet, il était temps d’observer et surtout d’être à l’écoute du son imaginé par les élèves.

Témoignages sonores et non musicales d’une expérience commune tout en étant à la fois solitaire, tant par la découverte d’un univers ou le son a ses codes, son histoire, ses repères, ses œuvres et ses créateurs. Je n’oublie pas un seul instant que cette création sonore n’existe que par la découverte d’une œuvre artistique contemporaine. Pour les élèves ce fut la rencontre avec l’œuvre d’Aurélie Nemours à travers l’Alignement du XXIème siècle à Beauregard. Sans la découvert de la démarche d’Aurélie Nemours, aucune création n’aurait été possible. Une alchimie de sons, tous évocateurs de pertinences artistiques, vont aboutir à une réalisation aux sonorités uniques. Alors que le soleil commence à décliner sur Beaubourg et sa place, les rendant encore plus multicolore que d’habitude et éclairant tous les aspects de celui-ci, un concert est présenté aux élèves. Stéphane Keller, compositeur suisse, éblouit son auditoire dès les premières envolées de percussions qu’il produit. Les percussions sont relayées, amplifiées, transformées par un logiciel conçu pour son unique usage qui invente une nouvelle partition de percussions en simultané. Un duo : compositeur, percussion avec ce logiciel donne vie à une discussion sonore et musicale où Stéphane Keller joue avec virtuosité de toutes les tonalités de son instrument. Ce concert performance fut toujours trop court pour un public acquis à la cause du musicien et de sa discussion personnelle. La salle était encore habité du concert de Stéphane Keller que les élèves découvraient les locaux de l’IRCAM. Un sarcophage de merveilles de technicité qui nous prolonge toutes sortes de réflexion personnelles, musicales et scientifique sur les futurs axes du son et de tous les univers sonores. Baroque, instrumental, classique, philharmonique et tant d’autres registres. Une énergie musicale formidable flottait dans ce lieu dédié à la recherche du son. Elle est palpable, bien présente pour celui ou celle qui veut bien s’y laisser emporter. Symphonie musicale d’une vie, toujours en quête d’un ailleurs à découvrir. Evidence d’un lieu, l’IRCAM, évidence de celui de Beaubourg où se crée des passerelles tournées vers la recherche et la création. Des lieux complémentaires dans leurs démarches au point de permettre à des élèves de présenter une création sonore dans l’enceinte de Beaubourg. Alors que la lumière d’un soir de printemps commence à fuser sur la place de Beaubourg où les figures de la fontaine Stravinsky de Tinguely et Niki de Saint Phalle réinvente à chaque jet d’eau un opéra d’ombres chinoises. Je me laisse bercer par ce théâtre de vie quand une citation sur le rêve de Renzo Piano me revient à l’esprit : « Tu vois, ce rêve dont je parle est comme un hologramme qui, projeté dans l’espace se matérialise tout doucement dans les formes, dans les matériaux, dans les couleurs que tu as d’abord imaginé en toi. » Oui, je vois ce rêve, nous avons tous des rêves, parfois irréalisables, parfois brisés à jamais, comme le rêve de rencontrer à nouveau une personne, rêve de projets, de lieux, de rencontres qui furent inoubliables mais qui resteront à jamais des regrets. Pour avoir d’autres rêves à vivre comme celui de Renzo Piano, il faut produire sens et imagination pour peut-être un jour, avoir le plaisir de voir naître et évoluer à Beaubourg ou dans un autre lieu de culture, ce rêve, devenu une réalité inoubliable pour vous. Oui, j’ai fait moi aussi un rêve que je ne vais pas vous dévoiler. Peut-être prendra-t-il son envol et ce jour-là j’aurais je plaisir de vous conter sa vie aussi mystérieuse que créative. Serge Garin

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texte sur un artiste, Damien Marchal qui utilise les sons dans sa pratique artistique
Montauban-de-Bretagne - 2010 : par serge garin, médiateur, lycée, 3 avril 2011, 2h50

Garbage Truck Bomb ou le bombardier du pauvre. Vous venez de recevoir les coordonnées du camion piégé situé a Rennes ,au centre d’Art contemporain La Criée. Vous avez la possibilité d’activer la mise a feu du dispositif au 33.0.6.33.19.51.54. Ce qui vient Exposition des Ateliers de Rennes, Biennale d’Art Contemporain

Déjà Mort de son vivant Malgré la mise en situation du spectateur face a une réalisation contemporaine, le squelette en bois d’un camion a déchets, je ne peux m’empêcher de penser a cette phrase, déjà mort de son vivant, quand soudainement le silence omniprésent et oppressent est littéralement,déchiré,brisé, comme un verre de Murano qui se briserait en tombant au sol, par le son d’une déflagration provenant du camion et suivit d’un long et strident sifflement qui court dans les moindres recoins de la pièce centrale de la Criée. Cette déflagration ressemble a s’y méprendre au son d’une bombe. Celle ci provenant de modules en bois a l’arrière du camion. Ces modules renfermes des enceintes qui propagent, a des fréquences de temps très variables le son de la déflagration d’une bombe. Me voici face au Garbage Truck Bomb ou littéralement le bombardier du pauvre. Le camion a déchets ou a ordures ménagères, devient en un instant une arme meurtrière actionnée a distance par un inconnu, vous, moi, lui, tout le monde et personne dans cette foule anonyme. Damien Marchal questionne une des facettes de l’idéologie de la mort a distance, en proposant au spectateur de sortir de son rôle de spectateur passif, a celui de spectateur actif en laissant son numéro de téléphone portable et peut être de lui permettre de devenir en un instant un acteur imaginaire d’un attentat au camion piégé en actionnant seulement une touche de son portable. La question qui nous est posée avec ce dispositif de mise a feu a distance, est de savoir si nous sommes capables d’actionner de notre portable et a distance, donc sans aucune mise en danger de notre corps , d’enlever la vie a autrui de manière métaphorique. Socrate, ayant reçu une une formation de sculpteur,encourageait les artistes a représenter Les effets de l âme en observant précisément la façon dont les Sentiments affectent le corps en action .

Je regarde ma touche de portable, et je me demande quelles seraient les effets de mon âme si mes sentiments m’incitaient a appuyer ou non sur cette touche mortelle ? Je n’arrive toujours pas répondre a cette question qui peut être fatale pour autrui, je sais que c’est un dispositif artistique contemporain , qu’il est réellement inoffensif, mais malgré tous ces paramètres tangibles et visibles, cette œuvre questionne ma conscience. Comment un dispositif peut il autant éprouver le mal être si profondément ancré chez chacun au point d’hésiter a appuyer sur une touche de portable qui amène une mort sourde et brutale ? Ce travail pose la question de la performance, pas celle du dispositif du camion, mais la notre, c’est d’avoir le choix d’enlever ou non la vie aux spectateurs présents au moment ou la touche est enclenchée. Déjà mort de son vivant, cette phrase me hante toujours un peu plus a chaque fois que je me demande ce que peut ressentir une personne qui actionne une bombe a distance ? Ressent il une jouissance particulière, celle de tenir une fraction de seconde la toute puissance entre ses mains et aussi la vie d’autres personnes ? Je suis tenté d’actionner cette touche pour ressentir qu’une fraction de secondes des effets inconnus de mon âme, mais j’ai peur de me sentir déjà mort alors que je suis vivant. J’ai conscience que ce n’est qu’un dispositif sonore, et que si j’actionne la touche, les effets ne seront que sonores. J’ai conscience que l’œuvre ne dénonce pas réellement un conflit en particulier, sinon que ce bombardier du pauvre provient d’un conflit au Moyen Orient. Comme l’artiste Adel abdessemend qui questionne aussi l’arme du Pauvre, essayer de lancer une pierre, le Garbage Truck Bomb questionne par l’entremise du son, non pas un moyen mais plutôt une disposition, un choix ,celui de détenir si vous le désirez la vie ou la mort de plusieurs personnes en un seul lieu, celui de l’exposition. Déjà mort de son vivant, si j’enclenche cette touche je vais devoir me confronter aux effets les plus sombre de mon âme Je vais devoir lutter contre eux , pour a nouveau, les enfouir au plus profond de celle ci pour ne plus ressentir les effets qu’ils produisent sur mon corps. Pour moi la mort a provisoirement emportée sur la vie a New York, et la plupart des artistes que je connais cherchent des moyens pour exprimer cela. Comme la citation de Robert Gober dans le catalogue de la galerie nationale du Jeu de Paume a Paris en 1991, je vais sans doute succomber a cette tentation morbide mais néanmoins artistique.

Serge Garin

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C’est une ambition simple : proposer à des élèves de lycées professionnels, une plongée au cœur de la création la plus contemporaine, en abordant conjointement les arts visuels, les arts du son et les nouvelles technologies pour la création. Les projets d’éducation artistique “Ateliers de la création” répondent tous à des principes communs exigeants : placer l’élève au centre du projet ; construire dans la durée ; affirmer une approche pluridisciplinaire. Retrouvez sur ce blog toute l’actualité des projets en cours.

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