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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Présentation au Centre Pompidou
Montauban-de-Bretagne - 2010 : , Centre Pompidou/ Ircam, 14 avril 2011, 11h53

Présentation des travaux par les élèves, à l’occasion de la rencontre des Ateliers de la création en région le 7 avril 2011.












Photos : Hervé VERONESE

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texte sur un artiste, Damien Marchal qui utilise les sons dans sa pratique artistique
Montauban-de-Bretagne - 2010 : par serge garin, médiateur, lycée, 3 avril 2011, 2h50

Garbage Truck Bomb ou le bombardier du pauvre. Vous venez de recevoir les coordonnées du camion piégé situé a Rennes ,au centre d’Art contemporain La Criée. Vous avez la possibilité d’activer la mise a feu du dispositif au 33.0.6.33.19.51.54. Ce qui vient Exposition des Ateliers de Rennes, Biennale d’Art Contemporain

Déjà Mort de son vivant Malgré la mise en situation du spectateur face a une réalisation contemporaine, le squelette en bois d’un camion a déchets, je ne peux m’empêcher de penser a cette phrase, déjà mort de son vivant, quand soudainement le silence omniprésent et oppressent est littéralement,déchiré,brisé, comme un verre de Murano qui se briserait en tombant au sol, par le son d’une déflagration provenant du camion et suivit d’un long et strident sifflement qui court dans les moindres recoins de la pièce centrale de la Criée. Cette déflagration ressemble a s’y méprendre au son d’une bombe. Celle ci provenant de modules en bois a l’arrière du camion. Ces modules renfermes des enceintes qui propagent, a des fréquences de temps très variables le son de la déflagration d’une bombe. Me voici face au Garbage Truck Bomb ou littéralement le bombardier du pauvre. Le camion a déchets ou a ordures ménagères, devient en un instant une arme meurtrière actionnée a distance par un inconnu, vous, moi, lui, tout le monde et personne dans cette foule anonyme. Damien Marchal questionne une des facettes de l’idéologie de la mort a distance, en proposant au spectateur de sortir de son rôle de spectateur passif, a celui de spectateur actif en laissant son numéro de téléphone portable et peut être de lui permettre de devenir en un instant un acteur imaginaire d’un attentat au camion piégé en actionnant seulement une touche de son portable. La question qui nous est posée avec ce dispositif de mise a feu a distance, est de savoir si nous sommes capables d’actionner de notre portable et a distance, donc sans aucune mise en danger de notre corps , d’enlever la vie a autrui de manière métaphorique. Socrate, ayant reçu une une formation de sculpteur,encourageait les artistes a représenter Les effets de l âme en observant précisément la façon dont les Sentiments affectent le corps en action .

Je regarde ma touche de portable, et je me demande quelles seraient les effets de mon âme si mes sentiments m’incitaient a appuyer ou non sur cette touche mortelle ? Je n’arrive toujours pas répondre a cette question qui peut être fatale pour autrui, je sais que c’est un dispositif artistique contemporain , qu’il est réellement inoffensif, mais malgré tous ces paramètres tangibles et visibles, cette œuvre questionne ma conscience. Comment un dispositif peut il autant éprouver le mal être si profondément ancré chez chacun au point d’hésiter a appuyer sur une touche de portable qui amène une mort sourde et brutale ? Ce travail pose la question de la performance, pas celle du dispositif du camion, mais la notre, c’est d’avoir le choix d’enlever ou non la vie aux spectateurs présents au moment ou la touche est enclenchée. Déjà mort de son vivant, cette phrase me hante toujours un peu plus a chaque fois que je me demande ce que peut ressentir une personne qui actionne une bombe a distance ? Ressent il une jouissance particulière, celle de tenir une fraction de seconde la toute puissance entre ses mains et aussi la vie d’autres personnes ? Je suis tenté d’actionner cette touche pour ressentir qu’une fraction de secondes des effets inconnus de mon âme, mais j’ai peur de me sentir déjà mort alors que je suis vivant. J’ai conscience que ce n’est qu’un dispositif sonore, et que si j’actionne la touche, les effets ne seront que sonores. J’ai conscience que l’œuvre ne dénonce pas réellement un conflit en particulier, sinon que ce bombardier du pauvre provient d’un conflit au Moyen Orient. Comme l’artiste Adel abdessemend qui questionne aussi l’arme du Pauvre, essayer de lancer une pierre, le Garbage Truck Bomb questionne par l’entremise du son, non pas un moyen mais plutôt une disposition, un choix ,celui de détenir si vous le désirez la vie ou la mort de plusieurs personnes en un seul lieu, celui de l’exposition. Déjà mort de son vivant, si j’enclenche cette touche je vais devoir me confronter aux effets les plus sombre de mon âme Je vais devoir lutter contre eux , pour a nouveau, les enfouir au plus profond de celle ci pour ne plus ressentir les effets qu’ils produisent sur mon corps. Pour moi la mort a provisoirement emportée sur la vie a New York, et la plupart des artistes que je connais cherchent des moyens pour exprimer cela. Comme la citation de Robert Gober dans le catalogue de la galerie nationale du Jeu de Paume a Paris en 1991, je vais sans doute succomber a cette tentation morbide mais néanmoins artistique.

Serge Garin

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texte qui présente l’oeuvre d’un artiste,Abel Abdessemed utilisant une partition silencieuse
Montauban-de-Bretagne - 2010 : par serge garin, médiateur, lycée, 3 avril 2011, 2h47

Peur de la mort ?

Je me plonge dans le vide ou autre chose, le noir, peu importe, je plonge mais je ne sais pas, vidéo, performances, installations. C’est avec cette phrase de l’artiste algérien, Adel Abdessemed que je me présente devant une série de vingt deux pupitres utilisés pour recevoir des partitions et qui pour cette installation présente vingt deux dessins au fusain. Je suis spectateur d’une partition silencieuse jouée par un orchestre imaginaire. Au lieu d’être a l’écoute d’une succession de sons , je ne suis plus une personne qui écoute mais qui regarde vingts deux figures humaines au fusain ayant une gestuelle similaire mais pas identique, celle de lancer une pierre ou un objet dont la ressemblance est a s’y méprendre. Toutes ces figures humaines dont le visage est masqué par ce qui semble être une capuche sont représentées par un dessin au tracé si tremblant qu’il accentue le mouvement fugitif de cette figure humaine. Une personne qui lance une pierre, une pierre universelle, comme le geste qui l’accompagne, arme ultime et en même temps dérisoire mais aussi vital. Le dernier moyen de celui qui n’a pas d’autre solution pour crier, hurler, soit sa rage soit une douleur personnelle qui n’est plus contrôlable tant la blessure provoquée par n’importe qu’elle oppression ou répression est si vive et dont la plaie ne se referme plus. Adel Abdessemed présente une partition dont l’écriture est silencieuse, sans un bruit, mais toujours en mouvement selon notre positionnement face a cet orchestre imaginaire qui joue une partition graphique dont la thématique est ce geste minimaliste mais qui contient une énergie du désespoir de tout conflit existant. Il n’y a pas de symbolisme dans cette présentation mais un symbole de toute révolte sous-jacente, prête a se consumer. Révolte personnelle, la mienne, la votre, celle de Adel Abdessemed qui se présente comme un flipbook imaginaire et qui se joue de notre présence par la force du tracé des personnages et de la multiplicité des gestes. Cette œuvre n’est pas présentée pour un avoir le rôle d’accusateur, mais d’être un révélateur de ses peurs intimes et qui ont une résonance toute particulière dans notre âme et notre conscience . Il plonge dans son œuvre et nous laisse entrevoir un monde d’horreurs et de souffrances sans jamais oublier que c’est d’abord une œuvre contemporaine, nous présentant une symphonie d’horreur . Moi, l’horreur, j’en fais des symphonies silencieuses . Adel Abdessemed

Serge Garin

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