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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Présentation

Durant une année scolaire, à travers plus de vingt heures d’ateliers avec des médiateurs, des rencontres avec des artistes et des spectacles, l’élève explore une œuvre plastique de semaine en semaine, se familiarise avec les espaces d’exposition et leur code, découvre le monde de la création musicale, acquiert un vocabulaire spécifique, dépasse sa perception spontanée pour analyser une œuvre d’art et en comprendre le processus de création, s’approprie les techniques de studio afin de créer lui-même une scène sonore. Au terme de ce programme ambitieux, il est à même de devenir le médiateur des œuvres pour un autre public.

Objectifs pédagogiques

Les objectifs : . Placer l’élève (sa perception, ses représentations, ses savoirs, sa curiosité) au cœur du projet, quitte à s’exposer, à certains moments, au rejet, à l’indifférence, à l’incompréhension. . Partager des exigences, ne pas contourner les obstacles ou les difficultés, ne pas céder sur la radicalité des œuvres, ne pas éluder les conditions nécessaires pour accéder à l’expérience esthétique et au travail de l’art.

Oeuvre Choisie

Clear-Glass-Stack de Tony Cragg 1999

Planning

Matinée de travail au musée (9h/12h) avec la médiatrice Mélodie Blanchot, après-midi de travail au conservatoire (14h-17h) avec le compositeur Diego Losa :

Jeudi 17 novembre Jeudi 8 décembre Jeudi 12 janvier Jeudi 26 janvier (visite d’atelier le matin : Patrick Condouret) Jeudi 2 février Jeudi 15 mars Jeudi 29 mars Jeudi 19 avril

Acteurs du projet et Partenariats

L’Institut Médico-Educatif La Croisée

Les Instituts Médico-Educatifs (IME) sont des établissements médico-sociaux. Ils proposent une éducation et un enseignement spécialisés pour des enfants et adolescents atteints de déficience à prédominance intellectuelle.

Etablissement implanté dans la Vallée du Gier, l’I.M.E. La Croisée se situe sur la commune de Grand Croix, excentré du bourg, proche d’une zone semi rurale. L’établissement accueillant 40 usagers de 12 à 20 ans dispose de locaux importants et spacieux. 4 salles sont utilisées en tant que classes, une salle polyvalente permet aux jeunes la pratique de diverses activités éducatives et de loisirs.

L’établissement dispose de 5 ateliers principaux (cuisine restauration avec restaurant pédagogique, atelier blanchisserie entretien des locaux, atelier petite maçonnerie et espaces verts, atelier métallerie, atelier maintenance et second œuvre bâtiment.).

Le Musée d’Art Moderne de Saint Etienne

Le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole détient une Collection majeure des XXe et XXIe siècles, la seconde en France après celle du Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou à Paris. La diffusion de ses collections en France comme à l’étranger renforce le rayonnement international de l’établissement : chaque année, plus de 500 d’entre elles sont prêtées aussi bien dans l’hexagone que hors de nos frontières Attentif à son environnement, le musée d’Art moderne soutient les jeunes créateurs présents sur son territoire en donnant, par le biais d’expositions, une plus grande visibilité à leur travail.

Le Conservatoire Massenet

Le Conservatoire Massenet de Saint-Étienne, labellisé Conservatoire à Rayonnement Régional depuis 2005, est une école spécialisée dans l’enseignement musical, chorégraphique et dramatique. Il assure une large mission éducative, culturelle et artistique en direction de publics variés, et touche chaque année près de 1 500 élèves enseignés par plus de 90 professeurs.

Extraits du blog de Saint Etienne - Projet IME

Séances 5/6/7, du 16, 30 mars 2012 et 6 avril 2012

Les matins, travail au Musée. Les après-midis, au conservatoire.

Pendant ces séances, nous nous préparons à faire des photogrammes. C’est une première expérience, ce qui suscite beaucoup d’interrogations et d’enthousiasme. Mélodie, l’intervenante du Musée, nous explique que le photogramme est une image photographique obtenue sans appareil photographique, en plaçant des objets sur une surface photosensible (ex : papier photo) et en l’exposant à la lumière.

Explications de Mélodie

Pour cette activité, nous nous dirigeons dans le labo photo du musée. Nous y trouvons, un agrandisseur et des bacs plastiques contenant des produits tels que : du révélateur, du fixateur ou encore de l’eau pour rincer les photographies. Nous nous équipons de gants et de blouse. Lumière éteinte, nous prenons du papier photo et le posons sur l’agrandisseur.

L’agrandisseur

A tour de rôle, nous y déposons des objets en verre (cf : l’œuvre de Tony Cragg) puis nous éclairons la zone du papier pendant 15 secondes et éteignons à nouveau la lumière. Ensuite, le papier photo est déposé délicatement dans le bac contenant le révélateur, puis le fixateur et pour finir dans le bac de rinçage.

Les photogrammes dans le révélateur puis dans le fixateur

Rinçage de photogrammes

Les photogrammes sont ensuite à faire sécher sur un étendage.

Quelques réalisations de photogrammes

Le résultat est surprenant. Joseph découvre sa photo avec émotion. Jonathan dit : « on voit comme des empruntes ». Tous se prêtent à l’exercice avec sérieux et les gestes sont précis. A travers cette expérience, nous abordons de nouveaux thèmes comme le temps et la lumière. LE TEMPS ET LA LUMIERE, deux concepts indispensables pour la réalisation des photogrammes. La pratique du photogramme est un jeu avec la transparence des objets. C’est aussi un moyen de création artistique car il autorise la « mise en forme de la lumière ».

Les après-midis, au conservatoire nous retrouvons Diego Losa dans sa salle de travail. Nous faisons le point sur nos travaux passés puis nous procédons au « nettoyage » des sons déjà enregistrés pour enlever ce qui ne correspond pas à l’œuvre de Tony Cragg. Nous superposons les sons, nous augmentons le rythme, bref, l’élaboration de notre création musicale prend forme. Nous retravaillions sur les mots-clés : TRANSPARENCE, BLOC, FRAGILE, SUPERPOSITION, EQUILIBRE DENSITE, MULTITUDE. Puis, nous réécoutons les enregistrements qui constituent notre « TAPIS SONORE ».

Les élèves échangent avec Diego sur ce que doit être notre « installation sonore ». Cette dernière accompagne l’œuvre et doit être complémentaire. La musique doit se fondre dans l’œuvre, la mettre en valeur, en évidence et la respecter. La musique doit permettre l’émotion tout en gardant le lien avec l’œuvre. Pour notre part, ce projet a mobilisé beaucoup de sensations, de création, de remise en question et de partage car il reste un travail collectif, une mise en commun d’un peu de chacun de nous.


Séance 4 : Quatrième rencontre. Le 3 février 2012

Visite de l’atelier de l’artiste Patrick Condouret

Nous constatons que l’artiste travaille dans un petit local, du coup les œuvres exposées sont de petites tailles. Nous échangeons avec Patrick pendant une heure trente sur son activité, ses créations. Son local est aussi son lieu d’habitation. Nous faisons des liens entre ses réalisations et l’œuvre de Tony Cragg. Des mots-clés reviennent comme, BLOC, VIDE, PLEIN... Il travaille aussi avec des objets de récupération, des éléments organiques, bois, palettes, plantes, coquillages...etc...

L’artiste nous parle de sa manière de travailler. Nous comprenons alors que son rythme journalier n’est pas tenu par des horaires "classiques" de travail. Il est en permanence "en quête, en réflexion" sur ses œuvres. Comprendre la démarche de l’artiste, reste important pour nous. Il est inspiré par un objet, une forme et ensuite il élabore un travail de création. Travail qui reste souvent "incertain, imprévisible". L’art n’est pas maîtrisable, il y a une part d’inconnu, de spontanéité. Il faut accepter cela. L’artiste avance pas à pas, Il faut du temps, parfois des mois pour une œuvre. Il est parfois confronté aussi à l’insatisfaction du résultat, donc "laisser un peu de coté" l’œuvre en cours, puis y revenir. EMOTION, CREATION, sont intimement liées.

Après-midi, Conservatoire de musique de Saint-Etienne Nous reprenons ce qui a été fait la dernière fois avec Diego et partageons nos réactions qu’à suscité notre visite dans l’atelier de Patrick Condouret. Puis Diego nous propose un travail un peu difficile. Il s’agit de se présenter en quelques mots face au micro, devant le groupe et de dire un mot-clé partant de l’œuvre de Tony Cragg. Diego enregistre.

Les questions sont : Que vais-je dire pour me présenter, décliner mon identité, mon âge, ce que j’aime faire dans la vie ou ce que je n’aime pas ? Pas facile de parler de soi, même en quelques mots. Ensuite, nous écoutons les enregistrements et nous nous amusons à transformer nos voix avec le logiciel. "C’est génial ce qu’il est possible de faire, d’imaginer, de transformer... » dit Kévin. Nous expérimentons les sons aigus, graves, rapides, lents. Plus tard, nous faisons quelques enregistrements avec des objets en verre.

C’est avec l’émotion du moment que l’on crée, avec sa joie, sa colère, son énergie. La création musicale part de son émotion. Mais c’est aussi un travail collectif, le respect des autres, de soi aussi.


Séance 3 : Musée d’Art Moderne de Saint Etienne et I.M.E La Croisée

La journée se déroule en deux temps :

   Le matin : Atelier au Musée d’art moderne
   L’après-midi : Enregistrement des sons à L’I.M.E LA CROISEE

Nous nous rendons dans la salle destinée aux ateliers créatifs du Musée. Notre objectif est de travailler en groupe de 2 ou 3 personnes. Les groupes une fois constitués, doivent s’inspirer de mots clés vus lors de la première séance. A partir de ces mots et à l’aide de bâtons, de formes en bois, chaque groupe doit « fabriquer, construire », une sculpture inspirée des MOTS CLES.

Joseph et Cédric travaillent sur les mots : EQUILIBRE, FRAGILE

Yassine et Kévin eux travaillent en s’inspirant des mots tels que : SUPERPOSITION, BLOC, MULTITUDE

Jonathan, Robin, Antar, imaginent une forme avec les mots : VIDE, CASSE, CUBE

Dans cet exercice, il faut être capable de travailler en équipe, de se concerter sinon la sculpture n’aura pas de sens ou ne tiendra pas l’équilibre. Les jeunes l’ont compris et « jouent le jeu ».

En fin de séance, Diego Losa nous rejoint car nous avons prévus de manger tous ensemble dans notre établissement. Après le repas et une visite de l’I.M.E, nous commençons enfin notre séance d’enregistrement qui aura lieu dans les ateliers que les jeunes et moi-même avons imaginé au préalable. Tout au long des séances, je reste attentive pour que les jeunes soient « acteurs » de ce projet. Je les responsabilise autant que possible et je fais en sorte que ce travail reste présent dans leurs esprits afin qu’ils s’approprient au mieux l’activité.

Aussi, ce sont eux qui guident Diego et Mélodie au fur et à mesure de cette journée car ils sont amenés à présenter leur cadre de vie scolaire, leurs ateliers professionnels. Nous avons décidé de commencer notre séance dans l’atelier pédagogique de la « cuisine ». Nous sommes accueillis par ma collègue, Joëlle et le groupe de jeunes qu’elle a en charge, ce jour.

Nous utilisons diverses outils de l’atelier tels que le ventilateur du four, les robots ménagers, le lave vaisselle…

Comme pour la séance 2, chaque jeune est actif et utilise le micro, l’enregistreur ou encore le casque. Notre « banque des sons » commence à être bien garnie.

Par la suite, nous rendons visite à ma collègue, Chrystelle dans l’atelier « linge et entretien des sols ».

Cet atelier aussi ne manque pas de nous inspirer. Entre machine à coudre, calandre, fer vapeur, les sons récoltés foisonnent de diversité. Nous réalisons qu’avec des objets de notre quotidien, une quantité de sons peuvent être réalisés, imaginés, crées. Puis, c’est au tour de l’atelier des « espaces-verts » : Marteaux, scies, pelles, sable, pierres ou pavés pour l’ornement des jardins, nous inspirent pour de nouveaux sons...

Les jeunes sont de plus en plus à l’aise dans l’exercice de l’enregistrement des sons et se permettent davantage de création, ils osent plus qu’en début de projet. Pour finir, nous sollicitons, Véronique et Elizabeth, techniciennes de surface à la Croisée. Nous enregistrons alors qu’elles nettoient les sols : Le son de l’eau qui s’écoule, le frottement du balai sur le carrelage… etc. Le groupe des « Ateliers de la création » remercie tous ceux qui nous ont permis d’enregistrer une partie de l’activité dans notre établissement.