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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Réflexions pédagogiques

La rencontre avec l'institution culturelle par Lionel Romier, enseignant d'Arts appliqués

Sur le terrain, je demande régulièrement en début d’année à mes élèves s’ils fréquentent les musées, s’ils vont voir des expositions, s’ils se renseignent. C’est objectivement rarement le cas. Est-ce dû au fait que nous enseignons à Étampes, à plus de 50 km de Paris ? Nos élèves se déplacent régulièrement jusqu’à la capitale, les transports en commun fonctionnent. Ils ne se rendent pas forcément au musée d’Étampes non plus, à vrai dire. Leurs préoccupations ne vont visiblement pas dans ce sens. Je ne dirai pas, et j’insiste fortement, qu’ils manquent de curiosité. Ils ont une culture ancrée et des chemins d’accès connus : la radio, la télévision, Internet… Le monde de l’art leur semble souvent étranger, trop complexe, inutile à un moment où on leur demande de se former à être « utiles ». La question « À quoi ça sert ? » est redondante…

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"À quoi sert une œuvre d'art ?" par Norbert Godon, conférencier au Centre Pompidou et artiste

Lors de la première séance d’immersion dans le Musée nous avons constaté que les élèves s’interrogeaient sur l’utilité des objets auxquels ils étaient confrontés. Avant de nous plonger dans l’étude de l’œuvre dont nous allions explorer les moindres détails lors des séances à venir, il nous a semblé nécessaire de répondre à leurs questions de la manière la plus concrète possible en partant de leur position : considérer leur naïveté comme l’occasion d’une mise à distance et tenter de définir l’intérêt de pratiques artistiques souvent présentées comme allant de soi. Nous avons alors pris le parti de définir l’objet d’art contemporain à travers quelques-unes de ses fonctions sociales plutôt que de nier toute fonctionnalité à celui-ci afin d’amener les élèves à s’interroger sur la notion d’utilité même.

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Face aux œuvres par André Avril, conférencier au Centre Pompidou et artiste

Pour les élèves, les œuvres ne sont pas la réalité. Dans le réel, les objets ont une fonction, ils servent à quelque chose. Les choses sont reliées entre elles dans leur valeur d’usage et d’utilité. Face aux œuvres, ils renoncent à voir car ce qu’ils voient ne leur apparaît pas immédiatement. Ils évacuent toute expérience sensible et corporelle de l’œuvre en s’agrégeant les uns aux autres dans l’attente d’une explication. Proposer la perception d’une œuvre à des élèves, c’est les placer devant quelque chose qu’ils ne reconnaissent pas et qu’ils doivent découvrir. Il faut provoquer un travail d’apprivoisement face à ce qui se présente à eux dans une confrontation avec de la matière, des formes et de l’espace, une réalité physique qu’ils doivent expérimenter par l’attente et la mobilité du corps. Faire l’expérience de l’œuvre comme un espace de liaison, qui met en relation notre corps avec du temps. Une sculpture se traverse et s’éprouve dans le temps. La perception est dynamique.

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L'art fait parler par Pierre Ryngaert, conférencier au Centre Pompidou et artiste

Devant une œuvre, souvent, on parle beaucoup. Parfois bien sûr, lorsqu’on veut bien lui donner cette possibilité, c’est le public qui parle. Mais, la plupart du temps, la parole revient au médiateur. À cela, rien d’illogique : l’art ne se passe pas de commentaires, du moins pas facilement, et les œuvres portent à la discussion, au débat, parfois même au conflit. Et, contrairement à ce que voudrait une idée reçue, les œuvres classiques ne sont pas moins l’enjeu de paroles que les modernes ou les contemporaines, par exemple. Pourtant, il est sans doute bon pour un médiateur de moins parler. Parce que sa parole est toujours en surplomb : du haut de son savoir (réel ou supposé), le médiateur plane, domine, finit par anéantir chez l’auditeur toute possibilité de fabriquer son propre regard, ses propres sensations, sa propre pensée. À ce problème, un autre s’ajoute : de plus en plus souvent, on s’acharne à expliciter ce que l’artiste a voulu produire plutôt que ce qu’il a produit. Or, avant d’être une intention, un travail artistique est un objet pour le regard. Parler moins, donc, pour regarder plus.

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Prendre le son par Grégoire Lorieux, réalisateur en informatique musicale à l'Ircam et compositeur

La première séance des Ateliers de la création est organisée au sein même du lycée. Les élèves sont invités à enregistrer des sons issus de leur environnement de travail habituel, qui seront exploités pour la composition d’une « scène sonore » motivée par la réflexion sur une œuvre plastique. La méthode de création sonore retenue s’apparente au processus de composition de la musique électroacoustique : prise de son, réécoute en studio des sons, classification et classement des sons, traitements, montage, mixage, diffusion.

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Regards sur le projet

C'est à chaque fois la même histoire par Claire Guezengar, critique d'art et écrivain

À chaque fois, c’était la même histoire.
Un sentiment mêlé de curiosité et de crainte. L’envie irrésistible d’y aller et la peur de ce que je pourrais y découvrir.
À chaque nouvelle rencontre, si je réfléchis bien, ça recommençait. Même si, avec le temps, la crainte s’était quelque peu estompée pour se transformer en quelque chose que l’on pourrait appeler de l’appréhension. Du trac peut-être.
À chaque nouvelle rencontre avec une œuvre d’art, si je réfléchis bien, ça recommençait.

Au tout début, c’était presque effrayant. J’avais l’impression d’entrer non pas dans une exposition, mais dans une arène dont je ressortirais forcément perdante, pire victime. J’étais convaincue que j’allais me perdre dans des zones non balisées dans lesquelles je n’aurais plus aucun repère, les œuvres me résisteraient, je n’aurais aucune prise sur elles. J’aurais beau lutter de toutes mes forces, tous mes efforts seraient vains : je serais terrassée par une incompréhension meurtrière.

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Focus

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La prise de sons dans le lycée

Extrait de l’interview de Grégoire Lorieux, réalisateur en informatique musicale à l’Ircam.

Durée : 1mn22