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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Diaporama

Les élèves du lycée Camille Jenatzy enregistrent le son du démarrage d'une voiture dans leur atelier, 2008

Les élèves du lycée Camille Jenatzy enregistrent le son du démarrage d’une voiture dans leur atelier, 2008 - photo Grégoire Lorieux

 
Enregistrement du son produit par le moteur

Enregistrement du son produit par le moteur - photo Grégoire Lorieux

 
Les élèves du lycée Louis Blériot enregistrent le son d'une machine dans leur atelier de chaudronnerie, 2007

Les élèves du lycée Louis Blériot enregistrent le son d’une machine dans leur atelier de chaudronnerie, 2007 - photo Lionel Romier

 
Enregistrement en binôme du frottement entre une plaque de métal et un morceau de bois

Enregistrement en binôme du frottement entre une plaque de métal et un morceau de bois - photo Lionel Romier

 
Détail

Détail - photo Lionel Romier

 
Les élèves du lycée Camille Jenatzy arrivent devant le Centre Pompidou, 2008

Les élèves du lycée Camille Jenatzy arrivent devant le Centre Pompidou, 2008 - photo Marie-Hélène Vincent-Choukroun

 
Les élèves du lycée Louis Blériot découvrent le forum du Centre Pompidou, 2008

Les élèves du lycée Louis Blériot découvrent le forum du Centre Pompidou, 2008 - photo Marie-Hélène Vincent-Choukroun

 
Les élèves du lycée Camille Jenatzy dans la chenille du Centre Pompidou se dirigent vers le Musée, 2008

Les élèves du lycée Camille Jenatzy dans la chenille du Centre Pompidou se dirigent vers le Musée, 2008 - photo Marie-Hélène Vincent-Choukroun

 
Les élèves du lycée Camille Jenatzy découvrent l'œuvre <em class="spip">Untitled (Passage II)</em> de Cristina Iglesias, 2009

Les élèves du lycée Camille Jenatzy découvrent l’œuvre Untitled (Passage II) de Cristina Iglesias, 2009 - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Détail

Détail - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Les élèves font l'expérience de l'œuvre

Les élèves font l’expérience de l’œuvre - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Observation de l'œuvre

Observation de l’œuvre - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Ashvin et Brahim observent les ombres portées

Ashvin et Brahim observent les ombres portées - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Xavier découvre les lettres projettées sur le mur

Xavier découvre les lettres projettées sur le mur - © Centre Pompidou / Hervé Véronèse

 
Les élèves du lycée Camille Jenatzy découvrent <em class="spip">Plight</em> de Joseph Beuys, 2008

Les élèves du lycée Camille Jenatzy découvrent Plight de Joseph Beuys, 2008 - photo Sara Audigier

 
Recueil des premières impressions des élèves

Recueil des premières impressions des élèves - photo Sara Audigier

 
Autour du piano, dans la première salle de <em class="spip">Plight</em>

Autour du piano, dans la première salle de Plight - photo Sara Audigier

 
    

Enregistrements sonores et découverte de l'œuvre

Dans leurs ateliers professionnels, les élèves choisissent les machines qu’ils enregistrent et expérimentent les techniques de prise de son en binôme. Après cette première séance dans leur lycée, ils vont à la rencontre de l’œuvre au Musée et en font une première expérience sensible.

Objectifs de l'étape

L’enjeu : le choc esthétique

Qu’est-ce qu’une œuvre provoque en nous ? En créant les conditions d’une expérience forte et inattendue, la rencontre avec l’œuvre vise un triple décalage par rapport aux pratiques ou références habituelles des élèves : étrangeté de ce qui est soumis au regard et à l’écoute ; étrangeté du contexte institutionnel que l’on découvre ; étrangeté de la relation pédagogique qui n’est pas celle habituellement proposée dans le cadre scolaire.

Face à une œuvre d’art a priori éloignée de leur univers de références et face à des matériaux sonores quotidiens qui ne sont pas immédiatement musique, les élèves se confrontent à des questions telles que : où sommes-nous ? Qui vient là d’habitude ? Quels sont les codes de comportement ? Comment regarder cette œuvre ? Qu’est-ce qu’écouter ?

Cette rencontre avec l’œuvre, y compris dans ce qu’elle peut avoir de déstabilisant ou d’ennuyeux, vise à faire advenir les sensations, les références et les représentations des élèves à travers une parole qu’il s’agira de prendre au sérieux. C’est elle qui servira d’appui aux « exercices du regard et de l’écoute » de l’étape pédagogique suivante.

Objectifs pédagogiques

Rendre possibles la prise de parole, la verbalisation d’émotions, de sensations, d’association d’images et d’idées par définition difficiles à exprimer. Par conséquent, il s’agit aussi de prendre conscience que les mots peuvent manquer face à l’œuvre d’art.

Passer d’une perception spontanée (remplie de représentations souterraines) à une perception active et conscientisée.

Faire l’expérience de l’écoute « attentive » en s’initiant aux techniques de prise de son et en portant un regard nouveau sur son environnement sonore. Aller vers une lecture individuelle qui précise sa propre relation à l’œuvre, y compris dans ses aspects négatifs, imprécis, incomplets, et qui dépasse les représentations collectives et les clichés.

Prendre conscience du contexte institutionnel.

La place des médiateurs

En amont, les médiateurs (arts visuels et arts sonores) ont sélectionné des œuvres qu’ils proposent ensuite à l’équipe pédagogique. Il n’est pas utile de chercher à choisir une œuvre jugée plus « accessible » ou une œuvre qui aurait un rapport supposé avec « l’univers » des élèves. Il est même déconseillé de choisir une œuvre qui proposerait une thématique arts visuels – arts du son trop explicite.

Il n’est pas souhaitable que les médiateurs ou les professeurs ne préparent trop les élèves à ce qu’ils vont vivre. L’énoncé des grandes lignes du projet suffit.

Lors de la première séance au Musée, la fonction du médiateur est essentiellement d’écoute et d’observation. Il crée les situations pour que l’élève puisse faire l’expérience de l’œuvre par lui-même. Il recueille les paroles des élèves, fait des liens entre elles, mais n’induit pas de réponses. Dans ce premier temps, la médiation est donc discrète et presque silencieuse.

Dans le lycée, les prises de sons sont propices à une ouverture sur une écoute différente « sans le savoir », détachée de considérations d’ordre culturel ou esthétique. En revanche, les échanges techniques autour de la prise de son sont favorables à l’installation d’une relation de confiance avec les élèves.

Descriptif des séances

Les prises de sons au lycée

Déroulement de la séance

En amont de la séance, il est demandé à chaque élève de repérer des sons dans son environnement (si possible variés : sons saillants, ambiances, textures), en vue de les enregistrer. Par exemple, en atelier de mécanique automobile et de chaudronnerie, les élèves ont choisi les sons de différents outils (clés, marteaux), des tiroirs à outils, de différentes machines (pont élévateur, fraiseuse), de moteurs de voitures, de différentes tôles, etc.

La séance se répète autant de fois que nécessaire par groupe de six élèves (une heure par groupe).

  • - (10mn) Le jour de la séance, les élèves réalisent immédiatement les premières prises de sons après une information minimum sur le matériel. Le travail est organisé en deux sous-groupes de trois élèves : l’un actionne les « corps sonores », en joue comme un instrument de musique ; l’autre tient la perche et contrôle les mouvements du microphone ; le troisième manipule l’enregistreur, contrôle l’ensemble de la scène et vérifie que l’enregistrement est réalisé de manière satisfaisante (bruit de fond, équilibre de la scène, saturation). Ces premiers essais servent à faire passer les éléments techniques nécessaires à une bonne réalisation.
  • - (15mn) Une fois ces éléments compris, de nouvelles prises de sons sont mises en œuvre, en laissant les élèves choisir les dispositifs et les sons, mais en les guidant dans la réalisation. Pendant cette exploration, les élèves sont invités à changer de rôle. À la fin de la séquence, discussion sur les sons prélevés : quels types de sons manquent ? Comment compléter sa collection ?
  • - (20mn) Troisième séquence de prise de sons, mais cette fois en guidant l’exploration des élèves autour des trois rôles :
    Production : varier les corps sonores choisis, varier la manière de les exciter.
    Manipulation du microphone : varier la manipulation du microphone, mouvements, etc.
    Mise en scène du son : varier l’espace où on les capte, varier la composition de la scène sonore (ajouts d’éléments en groupe, prise de son d’ambiance ou précise, voire chirurgicale).
    Ces explorations sont l’occasion d’introduire les éléments de vocabulaire et les concepts qui seront repris dans les séances ultérieures.
  • - (15mn) Bilan, réécoute éventuelle de certains sons.

La séance a lieu sur une demi-journée et peut s’alterner avec un travail d’atelier habituel (dans ce cas, on aborde aussi la question du reportage sonore).

Découverte de l'œuvre au musée

Déroulement de la séance

  • - (30mn) Les élèves découvrent la structure culturelle (ses fonctions, son architecture, les codes d’usage et de comportement qui y prévalent).
  • - Les élèves pénètrent directement l’espace d’exposition de l’œuvre choisie avec le médiateur. Ils ne reçoivent aucune information sur l’œuvre qu’ils vont découvrir. La présence des professeurs qui accompagnent le groupe n’est pas souhaitable : les accompagnateurs ne doivent pas influencer ni les modalités de la relation des élèves à l’œuvre (petit groupe, individuelle), ni les échanges éventuels entre les élèves, ni les prises de paroles et les contenus exprimés.
  • - Suivent trois à quatre séquences (10 à 20mn chacune) où le médiateur, très en retrait, invite simplement les élèves à parcourir librement l’œuvre et recueille leur parole (impression, sensations, associations d’idées, évocations, premières analyses, jugements de goût, etc).

La progression entre ces trois à quatre séquences repose sur le fait de prendre conscience par exemple :

  • - de la manière dont on regarde une œuvre (se situer dans l’espace, marcher ou pas, etc.),
  • - de faire l’expérience de la durée dans l’œuvre,
  • - de quitter progressivement une perception en groupe pour aller vers le regard et le temps individuels,
  • - de ce qu’une œuvre peut déclencher en nous.

À chaque étape, le rôle du médiateur est de noter, de rassembler les expressions, de faire reformuler les élèves.

  • - (15 à 20mn) Les élèves parcourent ensuite librement l’accrochage de l’espace d’exposition. Des consignes simples peuvent être données par le médiateur ayant trait au repérage dans les espaces, à certaines thématiques.
  • - (15 à 20mn) Le groupe, accompagné du médiateur, retrouve les professeurs. C’est le moment d’une première synthèse explicitant les éléments dont il s’agissait de prendre conscience.