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Un projet d'éducation artistique à la croisée des arts visuels, des arts du son et des nouvelles technologies en direction des lycées professionnels

 

Quelle forme donner au projet ?

La démarche de projet en "Arts appliqués et cultures artistiques"

Le programme « Arts appliqués et cultures artistiques » du baccalauréat professionnel impose à l’enseignant l’obligation de développer un projet en partenariat au cours du cycle des trois ans de formation de l’élève au lycée. Le volet « Approfondissement artistique et culturel » du champ « Élargir sa culture artistique » « donne lieu à au moins un projet, développé sur une seule année ou séquencé sur deux, voire trois années. Il implique un partenariat interne entre les enseignants de l’établissement, externe avec des structures culturelles, des artistes, des professionnels du secteur artistique et culturel ».
[*BO spécial n° 2 du 19 février 2009 « Programme d’enseignement d’arts appliqués et cultures artistiques pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel »*]

Question à Lionel Romier, enseignant d’arts appliqués au lycée Louis Blériot d’Étampes

Comment aborder un projet d’approfondissement artistique et culturel dans le cadre de l’enseignement des Arts appliqués ?

« Je suis enseignant d’Arts appliqués en lycée professionnel depuis maintenant une dizaine d’années. J’ai au cours de ces dix ans pu rencontrer de nombreux types de classes, composées d’élèves qui se destinaient à des carrières dans les secteurs secondaires et tertiaires principalement. Cela fait donc dix ans que j’insiste auprès de mes élèves pour qu’ils ne fassent pas l’amalgame entre le professeur d’Arts plastiques qu’ils ont pu connaître au collège, et ce que nous leur proposons au lycée. Mon cas est loin d’être exceptionnel, mes collègues le confirmeront certainement, et la nuance est d’importance. J’ai en effet toujours considéré que les Arts appliqués offraient un cadre plus accessible à des élèves en voie de professionnalisation.

Nous tentons de leur enseigner un regard du design sous toutes ses formes (espace, communication, objet) basé sur des contraintes industrielles, techniques, fonctionnelles et esthétiques. Ce sont des valeurs à mon sens objectives, qui laissent toutefois une possibilité de s’ouvrir aux questions esthétiques, identitaires, culturelles et humanistes.

Cette distinction pose une problématique claire quant à l’approche du monde de l’art, toutes disciplines confondues. Être enseignant d’Arts appliqués ne nous détache pourtant pas du monde des arts plastiques, et donc des institutions qui les mettent en valeur. Les limites entre les domaines sont très facilement franchissables à partir du moment où la question de l’esthétique est en jeu. Quelle forme donner à un objet, quand les questions d’ergonomie sont réglées ? Quelles inspirations donner à un espace, à une affiche, à un site Internet une fois que l’on a défini et répondu à l’ensemble des contraintes fonctionnelles ? Quel son doit qualifier la fermeture d’une automobile, l’ouverture d’une page web, la voix d’un guide audio ?

On voit ici que l’approche sensible ne peut être détachée de l’approche pratique. Le va-et-vient que nous faisons constamment avec nos élèves entre design et arts plastiques nous pousse à leur proposer des sorties pédagogiques autour d’expositions, dans des institutions dédiées. Je suis personnellement très attaché à ne jamais oublier cette nécessité, et crois sans trop m’avancer que c’est une inquiétude partagée par tous mes collègues. La visite des institutions ne doit pas se limiter à une élite dont nos élèves ne font généralement pas partie, d’après ce que j’ai pu observer. Leur entrée devrait être accessible à tous, et c’est bien reprendre là un des objectifs premiers de l’Éducation nationale. La lecture du Socle commun de connaissances et de compétences l’illustre parfaitement d’ailleurs. »

L'aménagement des cours d'Arts appliqués pour l'activité de projet

L’heure hebdomadaire d’enseignement en classe entière pouvant ne pas être suffisante pour mener à bien une activité de projet en « Arts appliqués et cultures artistiques », certaines mesures peuvent être prises par le chef d’établissement en vue d’aménager l’organisation de l’enseignement et de compléter ce volume horaire.

La réforme de la voie professionnelle prévoit, en plus des heures d’enseignement, un volume complémentaire d’heures-professeur (11h30) pour des activités en groupes à effectif réduit et les activités de projet disciplinaire ou pluridisciplinaire obligatoire. L’attribution de ces heures est laissée à l’appréciation du chef d’établissement dans le cadre de l’autonomie des établissements.

Les nouvelles grilles horaires prévues par la réforme de la voie professionnelle permettent de raisonner sur l’ensemble du cycle des trois ans de formation, l’horaire/année étant devenu indicatif. En permettant la concentration de l’enseignement des Arts appliqués (sur deux années ou sur un semestre, et sur une périodicité de deux heures par semaines, par exemple), cette mesure facilite la pratique de projet.

Les classes à projet artistique et culturel

La classe à projet artistique et culturel (classe à PAC), qui permet la mise en place de projets tels que les Ateliers de la création, est la structure la plus confortable pour mener un projet qui engage un partenariat dans le cadre du champ « Élargir sa culture artistique » du programme d’enseignement des Arts appliqués :

« Le projet artistique et culturel se déroule sur tout ou partie de l’année scolaire et dans le cadre des enseignements obligatoires. Son organisation n’est pas nécessairement hebdomadaire. Des regroupements d’heures peuvent lui être consacrés et des aménagements de l’emploi du temps pourront faciliter sa mise en place. En particulier, les moments forts (visites, interventions extérieures) pourront se concentrer sur quelques demi-journées ou journées afin de faciliter l’organisation de déplacements. […] L’intervention des partenaires extérieurs sera comprise entre 8 et 15 heures par an. »
[*BO n° 24 du 14 juin 2001 « Les classes à projet artistique et culturel »*]

« La classe à projet artistique et culturel est construite sur une démarche de projet mobilisant des enseignants et des partenaires. Elle est organisée en vue d’une réalisation artistique et/ou culturelle à laquelle participent plusieurs disciplines. Comme tout projet, elle s’inscrit dans un délai, avec le temps de la conception, de l’échange, de la réalisation, de la restitution et de l’évaluation. […] L’association de partenaires extérieurs permet notamment d’envisager des approches de domaines artistiques qui n’existent pas dans la formation des élèves et des apprentis (par exemple la musique, qui ne fait l’objet d’aucun enseignement ni dans les lycées professionnels ni dans les CFA et sections d’apprentissage). »
[*BO n° 24 du 14 juin 2001 « Les classes à projet artistique et culturel »*]

Le projet artistique et culturel est placé sous la responsabilité d’un enseignant volontaire et implique une équipe d’enseignants :

« La spécificité pédagogique des classes à projet artistique et culturel tient à ce que la réalisation du projet est à la fois l’axe autour duquel s’articulent des acquisitions relevant d’une ou, de préférence, de plusieurs disciplines, et l’occasion d’une production artistique et/ou culturelle dépassant le cadre habituel des enseignements dispensés. »
[*BO n°24 du 14 juin 2001 « Les classes à projet artistique et culturel »*]

La mise en place d’une classe à PAC nécessite la constitution d’un dossier de candidature qui permet d’établir une convention avec les partenaires culturels et d’obtenir un financement pour la réalisation du projet.

Mettre en place un partenariat

Pourquoi mettre en place un partenariat ?

Question à Françoise Cœur, Inspectrice générale - Design et Arts appliqués

Quels sont les effets du travail en partenariat pour l’établissement scolaire et les élèves ?

« Le travail partenarial a une vertu fédérative au sein de l’établissement. Il permet une décentration des activités vers un terrain complice, d’une nature proche mais différente, une incursion dans une proximité encore inconnue. Il donne aussi l’occasion de valoriser l’établissement par une action singulière ouverte sur l’extérieur et qui peut déboucher sur une exposition de travaux d’élèves, un spectacle, des interventions d’artistes invités, par exemple, et concerner, au-delà de la communauté scolaire, tous ses partenaires : parents d’élèves, collectivités locales, entreprises...

Il est motivant, aussi bien pour l’équipe éducative que pour les classes.

La forme pédagogique du partenariat permet à l’élève de construire de façon volontaire son savoir, de prendre la parole et de défendre son point de vue avec l’assurance donnée par la connaissance et la réflexion autour d’objets d’étude inédits. Il distingue les niveaux de langage qui séparent l’incantation ou l’imprécation de l’argumentation, en mesure la fertilité et aiguise, en même temps que son esprit critique, sa confiance en lui et sa force de conviction.

Très concrètement, le partenariat peut le sensibiliser à des pratiques artistiques qu’il poursuivra tout au long de sa vie d’adulte, trouvant ainsi un moyen de communication et d’échange avec son environnement.

Mais aussi, cette approche partenariale qui met en interaction l’art et l’école a à voir avec la vie même. Elle permet à l’élève, par les connaissances qu’il engrange en découvrant son patrimoine et le patrimoine universel, de se situer au sein d’une histoire, de mesurer l’influence de la société sur l’art et l’apport de l’art à l’humanité, en somme, de mieux comprendre son monde et d’agir avec lui.

Le projet a par ailleurs l’avantage de réunir des équipes pluridisciplinaires dont l’enjeu repose sur une pédagogie active. L’élève, accompagné par des professeurs de différentes disciplines et des « professionnels de la culture », décide de sa démarche d’investigation, effectue des choix, collabore avec ses camarades, se situe comme acteur responsable et indispensable au sein du projet et progresse ainsi vers l’autonomie et le travail collaboratif.

Travailler en co-disciplinarité autour d’un même objet c’est éclairer celui-ci afin que l’élève comprenne que toute problématique peut être questionnée de différentes manières. Cette mise en œuvre pédagogique contribue à donner du sens à l’étude et développe une démarche expérimentale nécessaire à la construction du savoir de l’élève et à l’épanouissement de sa personnalité. Les compétences, capacités et attitudes acquises lors de ces expériences seront ainsi transférables à toute situation d’apprentissage ».

Comment trouver des partenaires culturels ?

La Délégation académique à l’action culturelle (DAAC) de votre académie (contact au rectorat) peut vous conseiller dans le choix d’un établissement culturel partenaire dans les domaines des arts du son et des arts visuels et peut vous accompagner tout au long de la mise en place de votre projet. Le contact avec les institutions se fait avec l’aval du chef d’établissement.

Le rôle de la DAAC

Animée par le délégué académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle, elle a pour mission d’impulser et d’accompagner les orientations nationales de l’éducation artistique et culturelle au plan académique, en liaison avec les Inspections académiques, les corps d’inspection (IA-IPR et IEN-ET) et le réseau CRDP. Elle aide à concevoir et à mettre en œuvre des projets et des actions s’inscrivant dans le cadre des dispositifs de l’Éducation nationale organisés notamment en lycée, tels que les classes à projet artistique et culturel (classes à PAC), les ateliers artistiques et les ateliers scientifiques et techniques. Elle assure également la liaison avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et différents départements ministériels partenaires de ces actions. Elle propose des actions de formation dans le cadre du programme académique de formation continue (PAF).

Les structures culturelles partenaires

Dans le domaine des arts du son, il peut s’agir :

  • - d’un conservatoire ou d’une école de musique, équipés d’un département ou d’un studio de musique électroacoustique,
  • - d’un centre de création musicale,
  • - d’un atelier de musique électroacoustique, au sein d’une association ou d’un studio indépendant.

Vous pouvez retrouver un index de ces lieux sur le site internet de la Médiathèque de la Cité de la Musique, dans le Guide pratique de la musique (rubrique « Base de données ») et dans le Répertoire de sites (rubrique « Organismes »).

Dans le domaine des arts visuels, il peut s’agir :

  • - d’un Fonds régional d’art contemporain (FRAC),
  • - d’un centre d’art,
  • - d’un musée,
  • - d’une fondation ou d’une association disposant d’une galerie d’exposition.

Vous pouvez retrouver un index de ces lieux sur le site internet du Centre national des arts plastiques (rubrique Guide - annuaire de l’art contemporain). Votre contact au sein de ces structures est le service dédié à la pédagogie : service éducatif, service culturel ou service des publics.

Comment vérifier la faisabilité du partenariat ?

Les premiers contacts que vous établissez avec les responsables des structures culturelles partenaires doivent permettre de décider de la faisabilité du partenariat.

Afin de vous aider dans cette démarche, voici une liste de points à vérifier en amont et lors de vos premières rencontres :

  • - ces partenaires sont-ils motivés à s’investir dans un tel projet ?
  • - la situation géographique du lycée et des partenaires permet-elle d’organiser des séances croisées sur une journée dans les deux structures ?
  • - les structures partenaires peuvent-elles accueillir la classe entière ainsi qu’en demi-groupes ?
  • - la structure dédiée aux arts visuels présente-t-elle des œuvres de manière permanente durant toute la durée du projet ?
  • - les créations sonores des élèves peuvent-elles être installées dans les espaces d’exposition de l’œuvre ?
  • - la structure dédiée aux arts du son peut-elle mettre suffisamment de postes informatiques à la disposition des élèves ?

Comment monter une équipe-projet ?

L’équipe-projet se compose d’une part des enseignants de l’équipe pédagogique du lycée et d’autre part des personnes dédiées au projet au sein des structures culturelles.

L’équipe pédagogique du lycée

L’ensemble de l’équipe enseignante de la classe doit être sensibilisé au projet. Il n’est pas nécessaire que tous les professeurs s’impliquent dans le projet, mais il est indispensable que chacun d’eux montre aux élèves qu’il soutient le projet et en comprend les objectifs éducatifs. En outre, cette information des collègues facilite l’organisation pratique du projet (échange d’heures de cours, encadrement des sorties).

Les professeurs qui participent au projet sont issus des disciplines d’enseignement général et professionnel.

L’enseignant d’arts appliqués est en général le professeur référent, il est porteur du projet au sein de l’établissement scolaire. C’est lui qui coordonne l’organisation du projet au sein du lycée et s’assure de la cohérence du travail mené en classe autour du projet par les différents enseignants.

L’enseignant de français : sa participation permet d’accompagner le travail des élèves sur le vocabulaire, la construction d’un point de vue et la prise de parole.

Les enseignants d’enseignement professionnel, parce qu’ils sont en lien direct avec le futur métier des élèves, sont les mieux placés pour montrer que le projet n’est pas déconnecté du travail en atelier professionnel. Le projet ne propose pas un supplément « culturel » pour les élèves, mais la découverte d’un processus de travail artistique concret, exigeant, faisant appel à des savoir-faire qui rejoignent leur propre pratique professionnelle.

Deux ou trois enseignants issus d’autres disciplines peuvent rejoindre cette équipe.

L’équipe dédiée au projet au sein des structures culturelles

L’équipe dédiée au projet au sein de chaque structure culturelle se compose d’un coordinateur et d’un médiateur. Ces deux personnes conçoivent avec l’équipe pédagogique du lycée les objectifs pédagogiques du projet et le contenu des différentes séances. Dans certaines structures culturelles, une même personne pourra occuper ces deux rôles.

Les coordinateurs sont chargés du projet au sein de leur structure culturelle. Ils ont pour mission de concevoir et d’organiser le projet en concertation avec le professeur référent.

Les médiateurs animent les séances, assurent la coordination pédagogique du projet et son évaluation continue, en lien avec le professeur référent.

Fiche contact

La fiche contact de l’équipe-projet ci-dessous précise les coordonnées du lycée, des structures culturelles ainsi que les coordonnées de chaque intervenant de l’équipe. Cette fiche est à remplir et à remettre à chacun d’eux.